jeudi 30 octobre 2008

Interview Benoist Apparu – La matinale C+ - 30-10-08

Benoist Apparu (BA) est un jeune député UMP que je ne connaissais pas. Il a été présenté comme non aligné, finalement aligné mais toujours un peu non aligné, alors je me suis dit : voyons ce qu’il a à nous dire ce jeune garçon…

On commence par un bon point : « A l’UMP, il y a ceux qui ont le courage de dire que le plan emploi de Nicolas Sarkozy (NS) n’est pas suffisant et puis il y a les autres, dans quel camp êtes vous ? » demande la journaliste qui fixe BA bien dans les yeux en attendant la réponse.

Et là, grand moment de com’ politique les amis. La majorité de nos anciens politiciens auraient contesté la question en disant : « mais non, je ne pense pas que le problème puisse se poser de cette façon, je ne crois pas que ceux qui soutiennent NS manquent de courage …», bref, tout un tas de c*/$£ pour éviter d’assumer leur position.

Et là, notre jeune député répond, « dans les autres » et puis, BLANC ! léger, mais blanc. Il ne prend même pas la peine de se justifier tout de suite, en clair il assume sa phrase. Bravo. Un bon point pour BA !

Il justifie ensuite, bien évidemment, sa position « c’est un premier pas, ce n’est pas l’alpha et l’omega de toute politique bien évidemment ». On ne pouvait s’attendre à autre chose étant donné le plan emploi annoncé. Il est évident que pour un président de droite qui se veut réformiste, revenir aux emplois aidés pour essayer de limiter la casse en matière de hausse des chiffres du chômage, c’est assez moyen. On pouvait s’attendre à des grincements de dents d’un côté comme de l’autre au sein de la majorité.

- Un petit point négatif ensuite : « une première réponse à la crise sociale, en tout cas au risque de crise sociale ». Sur ce point, le mot « risque » est de trop. On est déjà en période de crise sociale. Les licenciements se multiplient, des gens descendent dans la rue, depuis quelques mois déjà, pour différentes raisons, et l’économie est actuellement impactée par le plus gros choc financier des dernières décennies. On peut donc parler sans risque de crise sociale.

- Un plus gros point négatif ensuite. Question, toujours un peu piquante, de la piquante journaliste Caroline Roux : « On a fait tout, tout de suite, pour les banques. Pourquoi ne peut-on pas faire tout, tout de suite, pour l’emploi ? » Et là, l’erreur tombe ! « Pour une raison très simple. Pour les banques, si vous faites pas tout, tout de suite, tout s’écroule, tout de suite ». Cette réponse peut paraître sensée au premier abord, on se dit, « ben oui, ils ont sauvé le système d’une crise encore plus grave ». Mais pour qu'un téléspectateur raisonne comme ça il faut qu'il ait un a priori positif sur BA. Pour l’ensemble des français, déjà un peu sceptiques par nature, et rendu plus sceptiques encore par la question de la journaliste qui semble soulever un questionnement évident, la réponse n’est pas satisfaisante. Voyons deux erreurs :

- Première erreur : répondre tout de suite. Tous les politiques, ou presque, le font. Aucun n’est sur de s’en tirer correctement à chaque fois. Prendre le temps de la réflexion, en soulignant ce que la question peut avoir d’intéressant ou de judicieux pour gagner du temps, serait bien venu.

- Deuxième erreur : Opposer les banques et la situation des travailleurs. En clair, on comprend que les travailleurs peuvent attendre parce qu’ils ne représentent pas un « danger » ou une « urgence ». La journaliste ne manque d'ailleurs pas de le relever dès la seconde qui suit.

Il aurait été plus simple d’annoncer tout de suite la différence de traitement des questions liées à l’emploi et de celles liées à la finance. Ceci aurait d’ailleurs pu être basé sur une phrase d’explication qui, elle, a été plutôt positive d’un point de vue pédagogique : « les 360 milliards, ils ont pas été dépensés. Si demain on vote des dizaines de milliards d’euros sur un plan chômage, ça serait des dizaines de milliards d’euros qui seraient dépensés. Ca fait une énorme différence. »

Malheureusement, il reste un peu sur sa position de « ces 360 milliards n’ont pas été dépensés ». Et le balance 10 milliards engagés pour les banques / 100 millions pour l’emploi ne tient pas vraiment l’équilibre…

En ce qui concerne le ton, il se veut décontracté, ce qui est bien. Le rythme est quand même trop rapide. Sur des questions techniques, comme la relance de l’économie ou bien les conséquences économiques de la crise, si BA accepte qu’il y a un déficit de pédagogie et qu’il faut donc en faire, en faire, et encore en faire, il s’agit donc de parler leeennnnttteeeemmmeeennnnnt… Les bafouilles dues au nombre trop important de mots qui arrivent en même temps dans la bouche ne sont pas forcément les bienvenues. Le problème de « faire djeun’s » en politique c’est qu’on tombe immédiatement sous le couperet de « pas d’expérience donc pas crédible ». Il s’agit donc de trouver l’équilibre entre « je suis jeune, décontracté, et j’insuffle un courant nouveau » et « j’ai quand même certaines caractéristiques classiques qui permettent à la population de retrouver ses repères dans un discours qui n’est pas de la variété mais qui touche de près la vie de tous les français ».

- On pourrait croire ensuite que sur la question de la coproduction législative, le soutien de BA à NS, qui annonce tous les jours une nouvelles mesures, ce qui mécontente une partie des députés qui aimeraient s’y voir associés, puisse apparaître comme un alignement total. Mais, mais, mais, quelques secondes après, lors de la question téléspectateur posée par notre ami Léon, « l’argent du plan de sauvetage commence-t-il à tomber pour les PME ?» Il répond le plus sincèrement du monde que même dans sa circonscription, apparemment, l’argent n’a toujours pas commencé à tomber. Quelque part, ça fait du bien un petit gars qui assume que des fois ça fonctionne pas bien les rouages de l’Etat… contrairement aux anciens qui voulaient toujours faire croire à tout le monde que tout fonctionnait parfaitement en dépit des apparences. C’est donc un bon point ! Et pour la justification, il ne cherche pas à sauver qui que ce soit : « C’est parce que les circuits administratifs sont vraiment très lents, il va falloir accélérer tout ça ! » On a l’impression d’entendre un discours qui colle à ce que les français vivent.

- Et il termine en aimant la poupée vaudou ! Du grand art messieurs dames. Député à suivre… s’il survit au courroux du chef de l’Etat.

- Et la cerise : « aucune inquiétude si Rocard à la place de Sarkozy en période de crise ». Là je dois dire qu’il fait fort notre amis Benoist. Cher Benoist, si t’entends des sifflements près des oreilles mon ami, pense quand même à rentrer la tête… ca s’pourrait qu’ça flingue dans les prochains jours.

mercredi 29 octobre 2008

Interview Ségolène Royal - les quatre vérités – 28/10/2008

Quel retour en arrière pour Ségolène Royal (SR) ! Le choix de cette ligne de communication politique, même si elle tend évidemment à se démarquer de ce qu’on entend habituellement, n’est absolument pas moderniste. Pourtant, la campagne présidentielle avait été un tel bouleversement d’idées comparées aux « vieilles lunes socialistes ».

Et pourtant, dans cette interview, voilà que ces vieux discours opposant le capitalisme qu’on peut qualifier de financier, aux valeurs sociales et étatistes, que SR qualifie de démocratiques, sont de retour.

SR explique que l’entrée dans le capital de la part du gouvernement servira à ce que « ça ne recommence pas ». Quoi ? me direz vous… Eh bien « ça » ! Vous ne voyez pas ? Le « ça » c’est cette crise, la totalité de la crise pourrait-on même penser.

Nous sommes désormais face au premier sophisme à apparaître sur ce site ! Nous savions que, les hommes politiques en étant friands, la probabilité pour que l’un d’entre eux apparaisse rapidement était grand. Nous y sommes !

L’histoire nous en à montré beaucoup, même l’histoire récente. Ils apparaissent souvent sous forme de concepts ou de petites phrases : Le « Je vous ai compris » du Général De Gaulle en était un beau. Chacun a pu y voir ce qu’il voulait. Peu ont pu déceler ce qu’il en était réellement. Plus près de nous, il y a eu le fameux « travailler plus pour gagner plus ». Nous savons aujourd’hui que les choses ne sont pas si simples. Mais, à l’époque, la phrase seule était porteuse de sens et elle a suffit pour en convaincre plus d’un. L’extrême droite est particulièrement friande de ce genre de petites phrases fausses qui ont « l’apparence » de la réalité : « deux millions d’immigrés, deux millions de chômeurs ». Pour l’esprit nationaliste, voir raciste, le calcul est vite fait : enlevons les immigrés et deux millions d’emplois seront disponibles pour les français ce qui conduira à un taux de chômage égal à ZERO. Quelle blague !

Ces sophismes, ces raccourcis mensongers, qui existent depuis longtemps (il n’y a qu’à lire Platon pour s’en convaincre), polluent la vie politique. Ils sont un manque de respect pour les auditeurs, spécialement pour ceux qui ne sont pas préparés à les déceler. Je ne tiens pas ici à affirmer que SR emploie ce genre de raisonnements faux à dessein, mais j’affirme que lorsque les plan de communication sont mis en place, les raisonnements intellectuels et politiques cherchant à tout prix à se démarquer, à capter des voix, à sensibiliser une certaines classe populaire, éloigne, sans que beaucoup de conseillers ne s’en rendent compte, le plan com’ du bon sens, voir de l’éthique nécessaire à toute forme de communication.

Le marketing politique, excroissance de la communication politique traditionnelle, issue de l’accouplement de la vieille propagande et des approches libérales en matière d’encouragement psychologique à la consommation, le tout mixé avec des théories réalistes héritées de Machiavel, est une branche néfaste de la communication. Elle nuit à la confiance que la population pourrait avoir en ses dirigeants. Elle nuit à la ligne éthique que la politique se doit d’avoir.

Tous les dirigeants politiques sont-ils des fans de marketing politique ? Bien évidemment non ! Il n’y a qu’à écouter les discours de certains d’entre eux, qui ont un pouvoir soporifique indéniable, pour s’en convaincre. Cependant, beaucoup y font appel à un moment ou à un autre pour séduire l’opinion.

Dans ce cas précis, que se passe-t-il ? L’imaginaire populaire français est encore hanté par les vieilles idées communistes stigmatisant le capitalisme, l’argent, la bourse, etc. Même si les idées ont évolué, ces concepts du bourgeois qui exploite le travailleur pauvre, du seigneur qui exploite le paysan, etc. sont encore présent dans la conscience populaire. C’est d’ailleurs pourquoi dès qu’il s’agit de flexibilité dans le marché de l’emploi, de libéralisation de l’économie ou d’ouverture du capital d’une entreprise publique, les français descendent en masse dans la rue. Ils ne sont pas effrayés par ce qui va se faire, mais par l’idée sous-jacente d’un diable capitaliste générateur de misère caché derrière chaque mesure pouvant être étiquetée « ultra-libérale ».

Ont-ils complètement tort ? Non, bien évidemment, et c’est d’ailleurs là que réside tout le problème. Si aucune banque n’avait jamais été tentée de spéculer avec l’argent des épargnants, si aucune banque n’avait jamais manqué de vigilance quant aux contrôles nécessaire en matière de flux financiers, si aucun « hedge fund » n’avait jamais fait passer des intérêts financiers avant les considérations éthiques, voire humaines, ce discours n’aurait aucune prise sur la conscience populaire.

Où réside donc le problème ? Dans l’équilibre du discours ! La défaillance du système du crédit américain ainsi que l’absence de règles de contrôle de leur système financier est la base réelle la crise. Ensuite, l’interconnexion des différentes places financières, les outils financiers complexes type hedge funds, la crise de confiance internationale, la connexion de la sphère financière et de la sphère économique, etc. sont les raisons de la propagation de cette crise et du fait qu’elle touche aujourd’hui les français au niveau de leur épargne, de leur emploi, de leurs crédits, etc. En quelques mots, les banques françaises ont subit la crise (et plutôt bien résisté d’ailleurs), mais, en aucun cas, elles n’ont été à l’origine de cette crise. Nul besoin donc de les pointer du doigt de cette façon. Par ailleurs, l’Etat n’est jamais un garant de bonne gestion. Il n’y a qu’à voir la façon dont les comptes publics sont tenus !

A côté de cela, il y a l’exemple de banques françaises qui ont manqué de vigilance. Mais, au milieu des milliers de personnes qui travaillent dans le secteur bancaire, il y en certaines, évidemment, qui ne font pas leur travail correctement, qui spéculent, qui prennent des risques inconsidérés avec de l’argent qu’ils ne détiennent pas. Augmenter les contrôles pour cibler ces personnes, ajuster les arbitrages de manière à prévenir tout dérapage spéculatif, etc. est surement une bonne chose. Résumer la question à : l’Etat est le garant de la démocratie, de la bonne marche du système bancaire, du « développement des PME », du « logement des petits épargnants », et de « la réforme de la tarification bancaire » comme le suggère SR est absurde. Cela réduit par ailleurs l’activité bancaire à un niveau qui n’est pas réalisable vu l’état du système international dans lequel elles sont plongées.

Bref, le discours socialiste de base consistant à opposer le publique au privé a vécu. Ce positionnement politique anticapitaliste est difficilement tenable, surtout pour une candidate à la présidentielle qui s’est voulu, durant des mois, progressiste.

Se démarquer du discours habituel peut avoir un intérêt dans certains cas. Mais aujourd’hui, si les propositions du président de la République se rapprochent de celles des socialistes. Si les décisions prises aux Etats-Unis se rapprochent de celles prises au sein de l’Union Européenne, si les discours des « experts » de l’économie se rapprochent de ce que les hommes politiques tentent de mettre en place, c’est que face à une telle crise, il n’y a pas trente six solutions. Ce n’est donc pas le moment d’essayer de se démarquer des autres, pour créer une nouvelle ligne. Car en réalité, cette nouvelle ligne que SR a choisie est déjà bien ancienne, et, par ailleurs, elle est également pleinement occupée par Olivier Besancenot. Ponctionner à grand renfort de taxes les profits de Total par exmple est son cheval de bataille depuis des années. Et aa quasi totalité de la seconde moitié de l’interview de SR revient à abonder dans son sens en matière de question liées au pétrole. Adieu la lignée réformiste et moderniste prônée durant la campagne !

En revanche, dans les quelques derniers mots de l’interview, lorsque le projet a été mentionné, les termes généraux le caractérisant : « un nouvel ordre économique social et écologique juste » et rappelant ce qui avait été le cœur de la campagne présidentielle regroupent les éléments de base d’une « nouvelle société » (en excusant ici la référence antique à Chaban Delmas), l’impression donnée aux téléspectateurs était bonne. C’est essentiellement la déclinaison de ces concepts en termes concrets et le lien que ces concepts ont avec l’actualité qui, me semble-t-il, ont été mal analysés par ces messieurs les conseillers toujours si surs d’eux même…

lundi 27 octobre 2008

Jean François Copé - Le talk Orange-Le Figaro – 27/10/08

- Jean-François Copé (JFC) ne veut pas diviser, il est là pour rassembler et il le sait et il veut qu’on le sache, alors il le répète, à l’envie. Est-ce convaincant en matière de communication politique ? Pas trop, l’auditeur reste un peu sur sa faim. Vous ne trouvez pas ? Que manque-t-il ?

Essayons-nous à un peu de coaching politique de bas étages : Le rythme du discours est un peu rapide dans les dénégations, et les mots pas réellement choisis « ah mais non, mais ça c’est pas ça, moi c’est pas des conseils, moi je donne aucun conseil. »

La phrase qui suit est la phrase type de l’hypocrite. Non pas que JFC soit hypocrite, mais sa phrase ne peut empêcher l’auditeur de penser qu’il l’est dans ce cas précis : « Vous savez, chacun fait son métier, c’est tellement difficile, je me garderai bien de donner des conseils aux autres. » On croirait entendre Nicolas Sarkozy, qui a ce genre de réponse parfois qui produisent exactement les mêmes impressions. Peut-on croire à sa sincérité ? Même en s’efforçant de le faire, c’est difficile. Etait-il utile de pousser le jeu aussi loin pour être crédible? Il semble que non.

En matière de communication, lorsqu’on nie quelquechose, le plus court est la réponse, le plus convaincant on apparaît ! Lorsqu’une tripotée de phrases viennent tenter d’étayer le raisonnement, le téléspectateur se demande alors immédiatement : « pourquoi argumente-t-il autant ? Pourquoi s’efforce-t-il de convaincre s’il sait qu’il a raison ? » La brièveté de la réponse est souvent liée à l’impression de fermeté et donc d’assurance.

- Je ne tiens pas ici à entrer dans une analyse des détails des propositions dont le journaliste et JFC débattent. Pourquoi ? Tout d’abord parce que les querelles concernant les chamailleries entre gouvernement et assemblée, et la question de savoir si ces querelles nuisent à la « coproduction parlementaire » emmerdent tout le monde, moi y compris. Ensuite, parce que ce sujet est loin d’être majeur, et nul besoin d’un plan com’ élaboré pour faire passer le message. En un mot donc, son explication de ce qu’est la coproduction est simplement un peu rapide, par contre, elle est claire et bien détaillée.

- C’est bien de parler de son club. Un petit coup de pub ça fait pas de mal! :-)

- « On a un parlement français au niveau des grandes démocraties occidentales » : pas très utile. Pas utile non plus de dénigrer tout ce qu’était le parlement durant les décennies passées pour mettre en avant ce qu’il est devenu grâce à cette réforme constitutionnelle. Pas un français ne voudra croire que la face de notre démocratie a été changée par une simple loi comme celle qui a été votée pour réformer la constitution. Concrètement, opposer le passé au présent doit être fait le moins possible, sauf lorsque, unanimement, tout le monde s’accorde pour reconnaître les progrès accomplis ou bien sauf lorsque les erreurs du passé sont tout à fait objectives.

- Le passage sur la loi SRU est assez bien mené. JFC ne va pas convaincre qui que ce soit sur ce sujet car il n’y a pas de pédagogie particulière, mais l’explication est claire et on a envie, naturellement, de se ranger du côté de son argumentaire.

- « Je considère que nous avons été élu pour faire bouger les choses » Oui. C’est effectivement le cas. C’est bien de le rappeler.

- Les trois points concernant les départements et les régions sont également bien posés. Ne pas supprimer, ni les départements, ni les régions, mais les conserver en les regroupant, même si on ne comprend pas trop ce que ça va donner semble rassurant : « On ne va rien perdre » en quelque sorte. Ce que JFC traduit par la formule désormais connue « c’est gagnant gagnant ». Ajoutons à cela la réduction du nombre d’élu locaux, qui satisfera tout le monde excepté les élus en question et ceux qui y aspirent, la réduction des dépenses et la cohérence de l’ensemble et le projet semble acceptable.

- Fin d’interview sympathique, rien à dire si ce n’est que d’apparaître réellement sympathique est important. Les hommes politiques n’y travaillent souvent pas suffisamment à mon goût, et pourtant, il n’y a qu’à se rappeler la marionnette de Jacques Chirac aux guignols de l’info entre 1993 et 1995 pour comprendre à quel point c’est utile…

Interview Eric Woerth – Les quatre vérités –France 2 – 23/10/2008

- Eric Woerth (EW) est un politique. Je le dis car à l’entendre parler, il ressemble plutôt à un chef d’entreprise, plutôt sympa, plutôt franc du collier. C’est immanquablement un atout en matière de communication politique. Par ailleurs, lorsqu’il s’exprime, il y a une absence d’agressivité, comme si la question politique ne le touchait pas tant que ça finalement. Lorsque d’autres manient l’ « emballement passionnel » avec brio, montrant par l’emphase qu’ils mettent sur certains mots à quel point ils sont (ou semblent être) touché par la question qu’on leur pose, EW, adopte un ton plutôt doux.Son corps, relativement penché vers l’avant, vers son interlocuteur, les épaules légèrement rentrées, la tête légèrement penchée signalent un empathie naturelle pour l’autre, ce que le télespectateur ressent assez vite. Sans vouloir entrer trop dans les détails d'un coaching politique centré sur les apparences, il est indéniable que les signaux envoyé sont ceux d'un personnage (qui se veut ?) affable.

- Par ailleurs, sur la question de l’amendement voté dans la nuit, qu’on qualifie de « Tapie » en raison du fait qu’il concerne la taxation des sommes perçues au titre d’un préjudice moral dont Bernard Tapie est un des exemple, sur cette question donc, EW est relativement modéré encore une fois. Il affirme son opposition aux députés de façon relativement nuancée, à peine perceptible pourrait on dire. Il suggère qu’on prenne en compte également d’autres types de préjudices moraux, comme celui qu’aurait subit, par exemple, une personne mise en prison durant 10 ans et finalement innocentée. Façon délicate d’exprimer une réserve quant à un vote qui aurait peut être eu pour base le cadre un peu étroit d’une affaire délicate.

- La crise, encore la crise, toujours la crise… Evidemment, on n’en sort encore pas. Comment l’occulter d’ailleurs. En tant que ministre du budget, EW est évidemment consulté sur l’état des choses. Il se veut rassurant. La situation l’est-elle réellement ?


En terme de communication politique, l'utilisation de l'outil pédagogique est le maître mot, et, il s'agit expliquer aux français que tout est désormais sous contrôle, que des actions ont été entreprises, et ainsi « éduquer » en un sens la conscience populaire pour éviter les actes irrationnels du type de celui d’Angoulême (demande de retrait de 5 millions d’euros d’un compte en banque vraisemblablement par crainte d’une faillite bancaire).

- Le principal problème est le creusement du déficit. On aide les banques, les PME, etc. Mais d’où sort-on l’argent. Les français, évidemment, ont une perception de cette question dans la droite ligne des propos de la journaliste.

EW entame une série d’explications concernant l’aide financière. Ces explications sont un peu trop rapides, et pas ne prennent pas suffisamment en compte la nécessité pédagogique. La façon, toujours décontractée qu’a EW d’entamer son explication est d’ailleurs révélatrice. On aurait attendu à ce moment qu’il se redresse un peu, qu’il comprenne en quelque sorte que c’est réellement le costume du ministre du budget, en charge de ces questions, qui doit maintenant parler, et sérieusement, car c’est de l’argent des français dont il s’agit. En aucun cas il ne doit subsister le moindre doute quant au fait que, comme il le dit « tout cela est fait très sérieusement ».

Par ailleurs, les termes employés donnent l’impression qu’il parle de choses qui lui semblent évidentes alors qu’elles ne le sont absolument pas pour un français non économiste : « C’est du crédit, c’est de la dette […] évidemment en face de ça il y a des actifs ». Plus de pédagogie, plus de temps passé à expliquer les fondamentaux sera peut être un facteur rassurant supplémentaire. La dernière phrase sauve cependant le tout, car elle est explicite : « c’est pas le contribuable qui va payer ».

La deuxième partie de l’explication, sur « la trésorerie disponible » est beaucoup plus claire. Le langage un peu décalé, du type « faut les solliciter à fond », puisqu’il n’est pas employé trop librement est également un facteur de rapprochement avec la population, cela supprime le côté parfois rigide du discours politique.

jeudi 23 octobre 2008

Interview "La matinale" Dominique Paillé le 23/10/2008

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- « Il n’y a pas de crise à l’UMP, soyons sérieux. Il y a du débat, et c’est heureux, parce que ce n’est pas avec l’opposition que nous l’avons, ce débat. »

Voilà, en substance, les premiers mots du porte parole de l’UMP. Dans la droite ligne du « Je fracasse celui d’en face, par principe, parce que nous ne sommes pas d’accord », Dominique Paillé (DP) souscrit à la même règle habituelle des interviews politiques, règle ancestrale qui n’a jamais rapporté un point de plus dans les sondages mais que chaque homme politique se sent obligé d’utiliser. La communication politique des portes paroles semblent souvent aller à l'encontre du bon sens. Ma critique est un peu sévère, mais il faut que les hommes politiques comprennent que l’opinion est quelque peu lasse de ce genre de petites phrases inutiles.

Petite parenthèse

Pour parler de quelques chose qui a plus d’importance, l’opposition guaino/guéant dont parle la journaliste au moment où DP entre sur le plateau, c’est histoire du chéquier qui fait grincer des dents à l’UMP est en réalité une vraie question d’économiste. Plus, elle interpelle le politique, surtout les libéraux, c'est-à-dire l’aile « droite » de la droite. Pourquoi ? Parce que relancer la croissance en injectant des fonds dans le système ça s’appelle une « relance keynésienne », du nom de Keynes, l’économiste de Cambridge qui, au début de 20ème siècle a posé les fondements d’une économie qui a depuis été le fer de lance de beaucoup de socio-démocrates, de socialiste, et, en période de crise, même s’ils s’interdisent de le penser, de décideurs politiques de droite.

Aux Etats-Unis, la question ne se pose pas dans les mêmes termes. En effet, lorsqu’il faut soutenir un secteur, on le fait, qu’on soit démocrate ou républicain. En France, la question est toujours délicate, vu que le pragmatisme cède souvent le pas sur le débat d’idées. Aujourd’hui, à l’UMP, il y a donc une vraie querelle, un vrai débat, qui consiste à poser la question : Peut-on relancer l’économie autrement qu’en injectant de l’argent frais dans la machine ?

Fin de la petite parenthèse.

- Sur les sujets qui suivent, difficile d’en tirer une substance intéressante. La journaliste s’emploie à faire dire à DP qu’il y a tension entre l’exécutif et le parlement, ce que DP refuse d’admettre. Que fait le téléspectateur face à ce genre de dialogues ? En général il change de chaîne ou alors il en profite pour aller chercher quelque chose dans le frigo. Pourquoi ? Parce que ni la journaliste ni l’invité ne considère un instant qu’ils sont sur un plateau de télévision, que l’interview est destinée à des auditeurs qui sortent du lit, et que les petites mesures votées en pleines nuit par le parlement, les propositions faites en commission à l’assemblée dépassent de très loin ce que le citoyen lambda, dont je suis, peut connaître.

En terme de coaching politique, que faire ? En un mot, s’ouvrir ! Chercher à tout prix à atteindre son but, soit de faire passer sont message de journaliste, soit de faire passer son message de porte parole.

- En ce qui concerne la langue de bois, qu’on arrête de s’en affliger, elle est un exercice obligatoire de tout porte parole. Les français ne le comprennent pas encore complètement, peut être parce qu’elle n’est pas entièrement assumée par les politiques eux-mêmes.

Cependant, L’engagement en faveur du président aurait plus de poids si le soutien était moins susceptible de prêter le flanc à la critique. La « gouvernance concertée » n’est, évidemment, absolument pas crédible. On pourrait imaginer plutôt, tout en restant dans le rôle du porte parole, une approche équilibrée du type de gouvernance actuel, qui montrerait les avantages d’un exécutif fort et actif, tout en rappelant, comme cela a été fait au début de l’émission, l’accroissement du pouvoir accordé à la sphère législative.

- On termine l’interview en parlant de ce qui a été notre petite parenthèse : injecter des fonds pour relancer la croissance ou bien faire des économies à tout prix. La réponse de DP est assez judicieuse et l’exemple assez bien choisi. En effet, il cible un amendement qui n’a pour but que de faire « de petite économies » dans un secteur en développement et qui nécessite au contraire d’êter soutenu. Par ailleurs, les français, sensible à cette question, seront rapidement convaincu par l’impératif d’être économe mais pas sur n’importe quel poste.

Le Canard prend la défense de Sarko : historique !

Incroyable ! En parcourant la mare aux canards, je tombe sur un bout d'article, critique québecoise de notre président, où la journaliste le compare à un "gamin qui s'apprête à faire un mauvais coup"

Et là, quelle ne fut pas ma stupeur en lisant la dernière ligne écrite par le journaliste du "Canard" : Oui, mais c'est ce "gamin" qui réforme le capitalisme et sauve le monde de la faillite !

Etre soutenu par le Canard dans une action politique, il n'y a pas mieux en matière de communication !

lundi 6 octobre 2008

Interview Grand Jury - Bertrand Delanoë - 05/10/2008

L’invité du Grand Jury du dimanche 5 Octobre 2008, Bertrand Delanoë (BD), se soumet à une série de questions.

- « Vous répondrez aux questions d’étiennes mougeotte (EM) du Figaro et de Pierre Luc Séguillon (PLS) de LCI. »

Première affirmation, presque premier ordre, qui contribue à construire la cage dans laquelle tout homme politique interviewé accepte de rentrer : Vous répondrez ! Il tente par la suite de répondre, du mieux qu’il peut, à toutes les questions. C'est une des bases du coaching, surtout politique : prendre de la distance avec tout ce qui peut, de prêt ou de loin, créer une situation de dépendance hiérarchique ! Ici, si l'interviewé accepte implicitement de se placer dans la position de celui qui est interrogé et qui tente de répondre du mieux qu'il peut, il reproduit le schéma élève/professeur, schéma délicat s'il en est, pour celui qui veut s'en tirer brillament à lors d'un oral à la radio...

- Suite à une question de Jean-Michel Apathie (JMA) sur la crise et la gestion de la crise par Nicolas Sarozy (NS), BD répond : « […] Les françaises et les français étaient déjà dans de grandes difficultés sociales avant d’entrer dans la crise […] » Première phrase, ou presque, première affirmation de sa qualité de socialiste et de l’importance de la question sociale.

L’objectif de BD en parlant des françaises et des français est d’affirmer sa proximité avec la population. Cependant, aucun français ne se dit, en parlant de lui-même : « Je traverse des difficultés sociales en ce moment », ou bien « ouh là là, qu’est-ce que mes difficultés sociales sont grandes ces temps-ci. »

Le mot « social » renvoi automatiquement à la sphère politique, à l’action gouvernementale. On peut entendre par ailleurs, « ce gouvernement fait trop de social », ou « pas assez ». Mais ce mot ne touche pas directement la vie des personnes. La sémantique ne peut être laissée de côté à ce point sur des questions de communication politique touchant directement la vie des français.

Son utilisation n’a donc pour conséquence qu’un ancrage politique dès le début du discours. Il peut par ailleurs créer un effet de routine à la fois chez ceux qui sont partisans d’une politique sociale, voire socialiste, ou bien chez ceux qui n’y sont pas particulièrement favorables.

Si BD avait envie de toucher les auditeurs en leur parlant de leur difficultés, il fallait les nommer précisément, sans utiliser ce mot qui q une connotation trop marquée politiquement.

- A la suite de ce constat, BD entame une critique assez sévère à l’égard de NS. Il lui reproche son manque de prévoyance, « il s’agite depuis 15 jours », par opposition aux signes avant coureurs datant d’une année.

Son positionnement est immédiatement taclé par EM, qui ne manque pas de lui rappeler l’attentisme de Dominique Strauss-Kahn (DSK), pourtant patron du FMI, ainsi qu’une interview de BD au Monde datant d’Aout 2008 ne mentionnant rien quant à la crise.

Ce tacle, à la régulière, était prévisible. Il est la contrepartie d’une attitude désormais trop connue chez les politiques : la critique facile.

En période de crise internationale, sachant que l’ensemble des acteurs politiques et économiques sont débordés, voire, quelquefois, impuissants, la modestie (que BD avait pourtant soulignée quelques phrases plus tôt mais à laquelle il ne s’est pas tenue) est une qualité essentielle.

Les français ont l’impression aujourd’hui que les marchés, principalement, sont en crise, et que rien ne semble suffisant pour les rassurer, et cela, malgré les sommes astronomiques proposées par les américains et les européens. Rien ne sert de dévaloriser le président dans ce contexte qui, aux yeux de tous, n’a qu’un rôle relativement limité à jouer, tous les yeux étant en réalité tournés vers les autorités financières, et, plus particulièrement vers les Etats-Unis.

Une critique du système libéral et de se faiblesses, de ses crises cycliques et systémiques aurait peut être eu plus d’impact.

- question de PLS qui veut savoir qui reflète le plus la politique éco du gouvernement, Claude Guéant ou Henri Guaino. Réponse de DB par rapport à « la godille » incluant dans la débandade au niveau de la communication, Xavier Bertrand et Christine Lagarde. Il est vrai que beaucoup de voix différentes se font entendre, il est vrai que l’argument : il n’y a pas de voix unique qui émane du gouvernement est un argument de poids. Pourquoi DB est-il donc coupé par le journaliste qui le recentre sur sa question ? Principalement parce qu’il répond à la question sans prendre en compte le besoin du journaliste d’être réellement entendu et d’avoir une réponse le plus près possible du texte, de manière à ce qu’il « en soit valorisé » en quelque sorte. Pour plus d’efficacité, il faudrait peut être reprendre le texte du journaliste « Ce qui caractérise le plus la politique économique du gouvernement, c’est l’effroyable confusion qui règne du fait de la multiplicité des prises de paroles contradictoires, etc. » C’est un élément assez simple de la psychologie humaine qui consiste à reprendre les mots de celui qui interroge. Ainsi il a l’impression que sa question est comprise et qu’on va dans son sens.

- Mise en balance, sur la question de savoir si la réunion que le PR a mise en place avec 4 dirigeants européens était bien menée, des points négatifs et positifs. Cette mise ne balance traduit une vision équilibrée. « Tout n’est pas mauvais » comprend-on. Le bon sens populaire retrouve, dans ce genre de discours, même s’il ne partage pas tous les arguments, des bases de reflexion auxquelles il peut adhérer. Ce genre d’attitude, trop rare, a un effet bénéfique sur l’opinion.

- Argument factuel extrêmement fort, par opposition au déficit exceptionnel accordé par l’Europe dans des circonstances exceptionnelles prôné par EM, le dépassement des 3% de déficit existait avant la crise, il constitue la majeure partie du problème français et est relié aux politiques économiques déjà en place. « C’est pourquoi, dans cette récession, nous n’avons pas les marges de manœuvre pour soutenir la croissance, l’investissement, le pouvoir d’achat, alors que notre collègue espagnol, Zapatero, qui lui a bien géré les finances publiques, injecte 20 milliards d’euros pour soutenir la croissance. »

Les journalistes n’ont pas de réelle réponse à cet alignement d’arguments forts. BD, qui se trouvait en position délicate face aux trois journalistes, ligués contre lui lors de sa critique de la gestion de la crise par NS, se retrouve en position de supériorité désormais. EM, qui tente une sortie « politicienne », se fait remettre en place par un autre argument fort qui a fait le bonheur de François Bayrou en son temps : il y a des hommes politiques compétents à gauche comme à droite faire. Ici, BD dit « Monsieur Zapatero qui est de gauche et Madame Merkel qui est de droite ont des finances publiques saines […] » Ensuite la critique envers NS qui n’est pas capable d’assainir celles de la France se pose évidemment sur un autre plan que celui des querelles politiciennes habituelles et a plus de poids pour l’auditeur. Malgré les oppositions de JMA, d’ailleurs très équilibrées également, criant que « tout le monde a mis la main à la pâte » en matière d’accroissement du déficit, les arguments de BD ont marqué. Aurait manqué, un acquiescement de BD sur la période mitterrandienne, qui a constitué, d’un point de vue désormais historique, et non plus vraiment politique, un période difficile en matière de finances publiques pour le pays.

- Le paquet fiscal : On a tellement parlé, critiqué, soutenu ce paquet fiscal que les français ne savent pas réellement ce qu’il en est. Le paquet fiscal, dans la conscience collective, est aujourd’hui réduit à, d’un côté, un cadeau fait aux plus riches, de l’autre, un atout pour la croissance du pays qui sert également les intérêts des classes moyennes. Toute intervention sur le paquet fiscal nécessite d’être repensée en matière de communication pour que les fondamentaux du problème soient mis en avant.

- Difficile d’arriver à faire passer le message d’un parti relativement unifié, d’un parti qui a des idées, d’un parti qui veut aller de l’avant et « faire du neuf ». Cependant, la petite phrase, celle qu’on oublie trop souvent, le petit exemple qui fait qu’on comprend tout de suite mieux la grande théorie, est lâchée, et elle donne du poids à l’ensemble : « Nous avons gagné à Paris après 100 ans sans alternance ». 100 ans de droite à Paris ininterrompus ! Ce chiffre, 100 ans, représente, dans l’imaginaire populaire, quelque chose qui ressemble à de l’inamovibilité, à une de ces conditions qu’on croit ne jamais pouvoir changer. Montrer que les choses changent, que le même maire, de gauche a été réélu dans la capitale, preuve que les parisiens ne s’en plaignent pas, est un argument beaucoup plus puissant que tous les bla bla précédents concernant l’unité du parti, les idées neuves, etc.

- « Nous ne disons pas tous la même chose », « relisez les motions et vous verrez que nous ne sommes pas du même avis », « Nous n’avons pas pris les même options », je paraphrase peut être mais l’essentiel est là : aucune réponse concrète. L’auditeur qui n’est pas un connaisseur parfait des rouages du PS depuis les dix dernières années est incapable d’écouter ce genre de discussion avec intérêt. Aucune précision réelle, aucun élément factuel n’est apporté, par crainte, surement, de se distancier d’un courant interne ou d’un autre, par crainte de créer du trouble. Il faudrait, durant la préparation des interviews, établir clairement ce qui relève du factuel, et ce qui relève de l’appréciation personnelle, de manière à pouvoir indiquer à l’auditeur les bornes essentielles qui séparent la motion Delanoë des autres motions. Sans quoi, dix minutes de discussions n’auront servi qu’à renforcer l’idée que la politique politicienne, trouble, pleine de non dits et d’oppositions internes plus ou moins masquées, est encore la maîtresse du jeu au PS.

- Critique de Ségolène Royal évitée. TB ! Par contre, il faut quand même affirmer ses idées, ce qui, du point de vue politique, plus important que d’éviter d’égratigner ceux qui ont des positions différentes. Tout est en réalité dans l’esprit dans lequel la critique est dispensée.

- Engagement de la gauche réformiste par opposition à la gauche révolutionnaire : Attitude un peu enflammée, qui peut être utile car elle sert à faire passer des convictions, et l’auditeur comprend que l’énervement apparent traduit un besoin d’être entendu et un engagement émotionnel important. Il faut cependant toujours garder cette « envolée » sous contrôle, et, par exemple, ne pas hésiter à alterner les moments d’emphase, sur quelques mots, avec des moments plus calmes, pour donner plus de force à l’ensemble en mettant en relief uniquement ce qui a besoin de l’être.

Il y aurait encore des choses à dire… mais tout ça me semble déjà bien long !