Nous avions déjà posté une interview de ce jeune député UMP, Benoist Apparu (BA), il y a quelque temps. Ce soir, alors qu'on a quelques personnalités connues sur les ondes, du lourd, comme disent les djeun's, se pencher à nouveau sur le cas Benoist Apparu, peut susciter quelques interrogations.
Disons que ce jeune député apporte quelque chose de frais à la scène politique. Il mentionne, en fin d'interview, une controverse concernant des propos qu'il aurait tenu concernant le rapport conflictuel de la droite avec la jeunesse, contrairement à la gauche (où on voit, d'ailleurs, aux yeux doux de Caroline Roux, qu'elle est sous le charme...) Dans son discours, on comprend rapidement que c'est ce genre de personne qui peut justement recoller les morceaux entre la droite et la jeunesse. Pourquoi ? Plusieurs raisons à cela. Nous en citerons 3 et nous nous arrêterons là pour aujourd'hui (On m'a dit de raccourcir mes analyses, car long et chiant, c'est beaucoup trop pour les lecteurs, court et chiant, ça passe mieux).
1. Langage décontracté : repassez vous la scène du "Y paraît ouais ?", où Caroline Roux, sur le ton de la dérision dit à BA : "j'ai entendu hier un certain Benoist Apparu" Lequel répond du tac au tac : "C'est qui ?" Elle enchaîne : "un garçon très bien...". Il la coupe "Y paraît ouais" etc. etc. (la suite a moins d'importance). Ce ton plutôt léger plaît aux jeunes, sans aucun doute, et à pas mal de moins jeunes d'ailleurs, car il donne l'impression de quelqu'un qui ne se prend pas au sérieux, donc, forcément de quelqu'un de sympa, et ceci nous conduit au second point.
2. Attitude sympathique. Le sourire vissé aux lèvres, les mains posées sur la table, le corps en mouvement, le verbe facile, les petits mouvements de tête caractéristiques du "bogoss", la façon de regarder de temps en temps son interlocuteur par en dessous, bref, presque un profil de séducteur. Pas étonnant donc que Caroline Roux soit séduite. Sans rire, La sympathie est un aspect extrêmement important en matière de communication, et pas seulement de communication politique. Nous l'avons surement déjà dit, et nous le redirons encore car les politiques ont des leçons à prendre à ce sujet : apparaître sympathique est un atout considérable!
Faites un test, lorsque vous rencontrez un ami, dites lui que vous avez eu l'occasion de discuter avec un homme politique connu, ou un acteur ou n'importe quelle personnalité bien en vue qu'on ne rencontre pas tous les quatre matins. Neuf chance sur dix que la première question de votre ami soit : "Il est comment, il est sympa?" Etre sympa est vraiment un point important pour la population. Donc, à ne surtout pas négliger. Et là, tous les politiques disent "on sait", du genre "moi je sui perçu comme sympa". Et là, toute la population répond : "c'est ça ouais"
3. Des points de vue équilibrés. BA donne l'impression d'éviter la langue de bois. Je dis bien donne l'impression. En réalité, quand il fait une différence entre ce qui arrive à Darcos qui se voit retirer une partie de ses attributions, transférées à Richard Descoings, patron de Science Po, et ce qui arrive à Bachelot qui est sanctionnée de la même manière au profit de Martin Hirsch, s'il n'y a pas de la langue de bois, il y a au moins un méchant favoritisme qui oriente le discours. Carton jaune!
Par contre, face à la question "comment gérer la crise à la SNCF", il répond sans détour, et en substance : "je ne sais pas, je ne suis pas un expert, mettez les experts autour de la table et demandez leur de trouver une solution". Face à la question concernant le titre de Martin Hirsch : "Haut Commissaire" il répond encore sans détour : "c'est un ministre déguisé". Alors, vous me direz, il n'y a rien de neuf, ces sujets n'ont pas d'impact politique fort, etc. Peut être, mais le fait de répondre de façon directe, et surtout en envoyant un message qui est en ligne avec ce qu'on pourrait appeler "le bon sens populaire", est un gage de réussite en matière de communication politique. Il donne l'impression d'être équilibré dans ses réponses, dans ses prises de positions. Cela rejoint le bon sens, et la population est extrêmement friande de bon sens...
Maintenant, pour reprendre une phrase désormais célèbre, "ce que nous avons dit avant, nous le faisons après" : nous arrêtons donc ici l'analyse de l'interview de Benoist Apparu. Mais pour les amateurs de textes longs et chiants, nous essaierons d'en pondre un bien techno à l'occasion.
Et promis, la prochaine fois que Benoist Apparu apparaît sur les ondes, nous critiquerons les défauts de sa communication politique, pour ne pas laisser croire qu'il est sans faille, ou pire, qu'il y aurait sur ce site un quelconque favoritisme...