Bruno Le Maire (BLM) secrétaire d'Etat chargé des relations européennes est de retour sur les plateaux télé. Nous avions posté une analyse d'une de ses premières prestations il y a quelques temps. Voyons ce qu'il en est aujourd'hui.
Tout d'abord, à son attitude plus décontractée, on remarque qu'il a pris l'habitude de répondre aux questions des journalistes. C'est un bon point.
Le ton de la voix reste aussi sobre qu'auparavant, ce qui a des avantages, même si, un peu monocorde tout de même, ce ton peut lasser lorsque les tirades s'éternisent. Par exemple, sur le volet : Barack Obama va-t-il nous tendre la main ? BLM tente tant bien que mal de justifier sa position (nous reviendrons sur l'aspect délicat de cette position) par de longues phrases, que la journaliste conclut par un "bon ! Allez, on parle d'automobile", signifiant ainsi le besoin de passer à un autre sujet avant que les auditeurs passent, eux, à une autre chaîne.
Retour sur le long laïus. Pourquoi BLM a-t-il besoin de se justifier ainsi ? Probablement parce que sa stratégie de communication politique, même si elle progresse, reste encore trop basée sur un ensemble d'idées qui ne sont pas suffisamment peaufinées avant d'être présentées à l'antenne.
Un peu de coaching politique : On ne peut pas tout dire, et surtout, on ne peut pas se permettre de présenter un ensemble d'idées sans avoir réfléchi préalablement à l'ordre dans lequel ces idées seront présentées. Tout l'aspect logique du discours découle de cette "organisation de la pensée" qui devient organisation de la parole par la suite.
Concrètement : la journaliste précise que dans le discours d'Obama, il n'y avait pas de passage sur l'Europe "on s'est senti un petit peu oublié, non ?" Et BLM répond "Non, justement, c'est à l'Europe de montrer qu'on peut travailler main dans la main avec les Etats Unis" Voilà une belle boulette d'entrée de jeu. Le "c'est à nous de nous bouger", BLM l'avait déjà sorti, dans un contexte différent, lors d'une première interview que nous avions analysée sur ce site. Malheureusement, BLM doit passer plus de temps avec ses copains technos qui lui cirent les pompes qu'à lire des critiques concernant sa communication politique, sur ce site notamment. Résultat, la journaliste ne comprend pas pourquoi le changement de président aux USA crée une obligation de changement de comportement en Europe. Un long discours s'engage donc ainsi, tentant de justifier une position délicate pour, finalement, arriver à trouver la tournure de phrase qui convient "Si on reste tranquillement assis sur notre chaise en nous disant Barack Obama va nous tendre la main et va nous dire tient les européens sont très sympathiques j'ai envie de travailler avec vous, là effectivement on a tout faux". Cet argument est bien posé, il est convaincant. La journaliste, nous le verrons ci dessous, sera également convaincue, c'est à dire, trouvera que l'argument est recevable.
Deuxième erreur : le temps. On est déjà à 2 minutes 30 de plateau à ce moment là, et on comprend que la journaliste a été "convaincue" par ce dernier argument. Comment le sait-on ? elle lâche un petit "d'accord", à voix basse. BLM aurait du le saisir au vol et stopper son laïus, mais, probablement satisfait d'avoir trouvé la formule qui convient, il s'engouffre dans la brèche, prolonge l'explication de façon inutile jusqu'à aboutir au fameux : "bon ! Allez, on parle d'automobile" au bout de 4minutes d'interview.
Pour sa défense, la question concernant les positions anti sarkozystes de Dominique de Villepin n'a pas arrangé les choses.
Le reste de l'interview, pro européenne (BLM joue son rôle) se déroule relativement bien, mis à part, peut être, sa position sur la concurrence et la complémentarité des industries automobiles française et allemande, qu'il défend difficilement. Notamment, le "il faut défendre l'industrie française et nous la défendrons si nous avons une industrie européenne" qui suit le passage sur "les grosses berlines allemandes sont complémentaires des petites ou moyennes voitures de Peugeot ou Renault" qui pose également problème. En effet, quid des petites et moyennes voitures allemandes et des berlines françaises ? Aujourd'hui, les français savent que chaque constructeur est présent sur l'ensemble des segments commerciaux (on nous rabâche suffisamment les oreilles avec les 607, les Safrane, Mercedes classe A et B, etc.), ce qui rend caduque ce genre de raisonnement. C'est d'ailleurs relativement dommage car de nombreux arguments utilisés sont sensés et bien pensés. Comme précédemment, c'est l'organisation du discours et la présentation des arguments qui n'ont pas été suffisamment étudiées, et qui laissent un sentiment de confusion dans l'esprit du téléspectateur...
Tout d'abord, à son attitude plus décontractée, on remarque qu'il a pris l'habitude de répondre aux questions des journalistes. C'est un bon point.
Le ton de la voix reste aussi sobre qu'auparavant, ce qui a des avantages, même si, un peu monocorde tout de même, ce ton peut lasser lorsque les tirades s'éternisent. Par exemple, sur le volet : Barack Obama va-t-il nous tendre la main ? BLM tente tant bien que mal de justifier sa position (nous reviendrons sur l'aspect délicat de cette position) par de longues phrases, que la journaliste conclut par un "bon ! Allez, on parle d'automobile", signifiant ainsi le besoin de passer à un autre sujet avant que les auditeurs passent, eux, à une autre chaîne.
Retour sur le long laïus. Pourquoi BLM a-t-il besoin de se justifier ainsi ? Probablement parce que sa stratégie de communication politique, même si elle progresse, reste encore trop basée sur un ensemble d'idées qui ne sont pas suffisamment peaufinées avant d'être présentées à l'antenne.
Un peu de coaching politique : On ne peut pas tout dire, et surtout, on ne peut pas se permettre de présenter un ensemble d'idées sans avoir réfléchi préalablement à l'ordre dans lequel ces idées seront présentées. Tout l'aspect logique du discours découle de cette "organisation de la pensée" qui devient organisation de la parole par la suite.
Concrètement : la journaliste précise que dans le discours d'Obama, il n'y avait pas de passage sur l'Europe "on s'est senti un petit peu oublié, non ?" Et BLM répond "Non, justement, c'est à l'Europe de montrer qu'on peut travailler main dans la main avec les Etats Unis" Voilà une belle boulette d'entrée de jeu. Le "c'est à nous de nous bouger", BLM l'avait déjà sorti, dans un contexte différent, lors d'une première interview que nous avions analysée sur ce site. Malheureusement, BLM doit passer plus de temps avec ses copains technos qui lui cirent les pompes qu'à lire des critiques concernant sa communication politique, sur ce site notamment. Résultat, la journaliste ne comprend pas pourquoi le changement de président aux USA crée une obligation de changement de comportement en Europe. Un long discours s'engage donc ainsi, tentant de justifier une position délicate pour, finalement, arriver à trouver la tournure de phrase qui convient "Si on reste tranquillement assis sur notre chaise en nous disant Barack Obama va nous tendre la main et va nous dire tient les européens sont très sympathiques j'ai envie de travailler avec vous, là effectivement on a tout faux". Cet argument est bien posé, il est convaincant. La journaliste, nous le verrons ci dessous, sera également convaincue, c'est à dire, trouvera que l'argument est recevable.
Deuxième erreur : le temps. On est déjà à 2 minutes 30 de plateau à ce moment là, et on comprend que la journaliste a été "convaincue" par ce dernier argument. Comment le sait-on ? elle lâche un petit "d'accord", à voix basse. BLM aurait du le saisir au vol et stopper son laïus, mais, probablement satisfait d'avoir trouvé la formule qui convient, il s'engouffre dans la brèche, prolonge l'explication de façon inutile jusqu'à aboutir au fameux : "bon ! Allez, on parle d'automobile" au bout de 4minutes d'interview.
Pour sa défense, la question concernant les positions anti sarkozystes de Dominique de Villepin n'a pas arrangé les choses.
Le reste de l'interview, pro européenne (BLM joue son rôle) se déroule relativement bien, mis à part, peut être, sa position sur la concurrence et la complémentarité des industries automobiles française et allemande, qu'il défend difficilement. Notamment, le "il faut défendre l'industrie française et nous la défendrons si nous avons une industrie européenne" qui suit le passage sur "les grosses berlines allemandes sont complémentaires des petites ou moyennes voitures de Peugeot ou Renault" qui pose également problème. En effet, quid des petites et moyennes voitures allemandes et des berlines françaises ? Aujourd'hui, les français savent que chaque constructeur est présent sur l'ensemble des segments commerciaux (on nous rabâche suffisamment les oreilles avec les 607, les Safrane, Mercedes classe A et B, etc.), ce qui rend caduque ce genre de raisonnement. C'est d'ailleurs relativement dommage car de nombreux arguments utilisés sont sensés et bien pensés. Comme précédemment, c'est l'organisation du discours et la présentation des arguments qui n'ont pas été suffisamment étudiées, et qui laissent un sentiment de confusion dans l'esprit du téléspectateur...