La tentation de dire quelques mots sur le discours d’investiture de Barack Obama (BO) était trop forte. Et comme disait Oscar Wilde : « Je peux résister à tout sauf à la tentation »
La façon de penser du peuple américain étant radicalement différente de celle des français, les références du discours de BO sont différentes, mais aussi le choix des mots, la forme du discours, sans parler du rythme de sa voix, de ses intonations, que nous n’analyserons pas ici.
Le discours est par ailleurs trop long pour en faire une analyse détaillée. Nous nous limiterons donc à quelques mots, deux ou trois, caractéristiques de la pensée américaine, que nous comparerons à ceux de la communication politique des décideurs français.
- Les ancêtres. BO y fait référence à de multiples reprises. En France, les références se font par rapports aux circonstances, au périodes, aux évènements historiques, par exemple "l'empire", ou bien "la révolution française", ou bien "l’ancien régime", "la cinquième République", etc. Les évènements et qui les ont incarné, Napoléon, Jaures, De Gaulle, sont les éléments clé des références politiques. Aucune place n’est faite réellement au peuple en tant que tel, en tant qu'une somme d'inconnus ne s'étant jamais réellement distingués dans des circonstances particulières. Même De Gaulle, dans son discours de la Libération parle de "Paris maryrisée", "Paris libérée". BO place le peuple et les ancêtres, ceux de la population américaine, ceux de chaque américain pourrait-on dire, dès les premiers mots du discours. C'est un signe fort de ce que le mot humanisme signifie outre atlantique. Bien entendu, les références à la culture africaine se retrouvent également dans ce mot « ancêtre », très présent sur tout le continent africain.
- L’humilité. Sentiment fort, face aux circonstances, face aux défis à venir, face aux ratés du passé. Ce terme, qui peut se retrouver dans le langage des hommes politiques français lorsqu’ils demandent aux autres de faire preuve d’humilité, est rarement appliqué à celui qui parle. BO l’utilise lors de sa première phrase. Ce mot est immédiatement suivi d’un « nous », pronom qui englobe, encore une fois, tous les américains : « humilité face à la tâche qui nous attend ». Dès le début, Barack Obama tente de désamorcer, et il a raison, l’engouement qui voudrait le placer, seul, en position d’amener le changement dont l’Amérique a besoin. Il sait que ces passions déraisonnées entraînent bien souvent des désamours déraisonnables. De nombreuse fois BO décrit tant la difficulté des combats à venir que la nécessité pour le peuple américain de comprendre que c’est ce peuple lui-même qui aura à les mener. C’est cette forme de discours que nombre de commentateurs politiques ont qualifiée de churchillienne. En regard des difficultés et des sacrifices, il y a l’espoir et la confiance dans un monde meilleur, bref, un idéal de société, incarné un temps par la civilisation américaine, voire occidentale, que BO désir réhabiliter.
- Les thèmes habituels : sécurité, économie, social, santé, environnement, etc… Pragmatique, il reprend les thèmes habituels de toute politique contemporaine, et, en quelques lignes, tente de les définir à sa manière, par opposition à ce qui a été fait précédemment. Par exemple : « La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun. » Sur tout ces sujets, on se rend compte qu’il ne propose pas d’alternative réellement nouvelle, pas de troisième voie. Par contre, il se propose d’appliquer des remèdes qui n’étaient pas ceux de l’administration précédente. Lassés de ce qu’ils viennent de vivre pendant huit années, les américains ne demandent qu’à croire à ces solutions, ainsi qu’en France, à chaque alternance (réelle ou fictive), les solutions préconisées par le nouveau président semblent tellement plus rafraîchissantes que les anciennes que le peuple n’a que trop entendues.
- Dieu et la Bible. Ces deux mots feraient un tollé en France, où l'athéisme a pris la place et le masque de la laicité. Aux USA, rien de comparable; on ne peut d'ailleurs pas imaginer un discours de cette ampleur sans référence au divin. Le message d'espoir trouve sa source dans une puissance supérieure. BO ne déroge donc pas à la règle. Comme ses prédécesseurs, il place Dieu à la base de l'action des américains : "C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain."
Sur ces quelques mots, ces quelques thèmes, Dieu, la Bible, l'humilité, les ancêtres, etc., il n'est pas certain que les français retrouvent leur petits. Et pourtant, lorsque le monde tourne ses regards vers les Etats-Unis, vers ce nouveau président plus particulièrement, ses yeux brillent. N'y a -t- il donc pas quelque chose d'inavoué dans les aspirations françaises, quelque chose qui se retrouve dans la communication politique américaine, qui se traduit par des mots différents, qui, pris à part peuvent choquer, mais qui révèlent des idées dont notre pays, tout en les rejetant à haute voix, attend les bienfaits...
La façon de penser du peuple américain étant radicalement différente de celle des français, les références du discours de BO sont différentes, mais aussi le choix des mots, la forme du discours, sans parler du rythme de sa voix, de ses intonations, que nous n’analyserons pas ici.
Le discours est par ailleurs trop long pour en faire une analyse détaillée. Nous nous limiterons donc à quelques mots, deux ou trois, caractéristiques de la pensée américaine, que nous comparerons à ceux de la communication politique des décideurs français.
- Les ancêtres. BO y fait référence à de multiples reprises. En France, les références se font par rapports aux circonstances, au périodes, aux évènements historiques, par exemple "l'empire", ou bien "la révolution française", ou bien "l’ancien régime", "la cinquième République", etc. Les évènements et qui les ont incarné, Napoléon, Jaures, De Gaulle, sont les éléments clé des références politiques. Aucune place n’est faite réellement au peuple en tant que tel, en tant qu'une somme d'inconnus ne s'étant jamais réellement distingués dans des circonstances particulières. Même De Gaulle, dans son discours de la Libération parle de "Paris maryrisée", "Paris libérée". BO place le peuple et les ancêtres, ceux de la population américaine, ceux de chaque américain pourrait-on dire, dès les premiers mots du discours. C'est un signe fort de ce que le mot humanisme signifie outre atlantique. Bien entendu, les références à la culture africaine se retrouvent également dans ce mot « ancêtre », très présent sur tout le continent africain.
- L’humilité. Sentiment fort, face aux circonstances, face aux défis à venir, face aux ratés du passé. Ce terme, qui peut se retrouver dans le langage des hommes politiques français lorsqu’ils demandent aux autres de faire preuve d’humilité, est rarement appliqué à celui qui parle. BO l’utilise lors de sa première phrase. Ce mot est immédiatement suivi d’un « nous », pronom qui englobe, encore une fois, tous les américains : « humilité face à la tâche qui nous attend ». Dès le début, Barack Obama tente de désamorcer, et il a raison, l’engouement qui voudrait le placer, seul, en position d’amener le changement dont l’Amérique a besoin. Il sait que ces passions déraisonnées entraînent bien souvent des désamours déraisonnables. De nombreuse fois BO décrit tant la difficulté des combats à venir que la nécessité pour le peuple américain de comprendre que c’est ce peuple lui-même qui aura à les mener. C’est cette forme de discours que nombre de commentateurs politiques ont qualifiée de churchillienne. En regard des difficultés et des sacrifices, il y a l’espoir et la confiance dans un monde meilleur, bref, un idéal de société, incarné un temps par la civilisation américaine, voire occidentale, que BO désir réhabiliter.
- Les thèmes habituels : sécurité, économie, social, santé, environnement, etc… Pragmatique, il reprend les thèmes habituels de toute politique contemporaine, et, en quelques lignes, tente de les définir à sa manière, par opposition à ce qui a été fait précédemment. Par exemple : « La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun. » Sur tout ces sujets, on se rend compte qu’il ne propose pas d’alternative réellement nouvelle, pas de troisième voie. Par contre, il se propose d’appliquer des remèdes qui n’étaient pas ceux de l’administration précédente. Lassés de ce qu’ils viennent de vivre pendant huit années, les américains ne demandent qu’à croire à ces solutions, ainsi qu’en France, à chaque alternance (réelle ou fictive), les solutions préconisées par le nouveau président semblent tellement plus rafraîchissantes que les anciennes que le peuple n’a que trop entendues.
- Dieu et la Bible. Ces deux mots feraient un tollé en France, où l'athéisme a pris la place et le masque de la laicité. Aux USA, rien de comparable; on ne peut d'ailleurs pas imaginer un discours de cette ampleur sans référence au divin. Le message d'espoir trouve sa source dans une puissance supérieure. BO ne déroge donc pas à la règle. Comme ses prédécesseurs, il place Dieu à la base de l'action des américains : "C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain."
Sur ces quelques mots, ces quelques thèmes, Dieu, la Bible, l'humilité, les ancêtres, etc., il n'est pas certain que les français retrouvent leur petits. Et pourtant, lorsque le monde tourne ses regards vers les Etats-Unis, vers ce nouveau président plus particulièrement, ses yeux brillent. N'y a -t- il donc pas quelque chose d'inavoué dans les aspirations françaises, quelque chose qui se retrouve dans la communication politique américaine, qui se traduit par des mots différents, qui, pris à part peuvent choquer, mais qui révèlent des idées dont notre pays, tout en les rejetant à haute voix, attend les bienfaits...