Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) a répondu aux questions des auditeurs de France Inter qui sont apparemment très préoccupés par l'annonce de son départ du secrétariat à l'écologie. L'interview a tourné, bien souvent, à l'éloge. Dans ces conditions, difficile d'apparaître autrement que détendue et sereine. Le plan de communication politique de Nathalie Kosciusko Morizet n'aura pas été mis à mal durant cette interview.
Peut-on contester l'attitude des auditeurs, et reprocher à NKM de ne pas connaître son sujet, l'écologie ? Non, bien sur. Peut-on lui reprocher de ne pas avoir travaillé dans le sens d'une vraie réforme verte pour le pays ? Non plus. Un auditeur lui reproche cependant, après toutes les vagues et les espoirs qu'a provoqué l'annonce du grenelle de l'environnement, la faiblesse des mesures prises. Elle s'y oppose totalement. Première faute de la dame de l'écologie ! Soutenir son bilan, oui, fermer les yeux sur la réalité, non. Même lorsque le bilan est un bon bilan, il est toujours nécessaire, pour des raisons d'équilibre du raisonnement, de pointer du doigt les imperfections de ce que l'on a réalisé. Par ailleurs, cela permet de mettre en valeur les réussites.
Revenons sur l'essentiel : NKM connaît son sujet. Cela comporte des avantages indéniables, par exemple, impossible de la coincer sur une question écolo. Cela comporte aussi des inconvénients : elle alourdit son discours de détails qui peuvent avoir une importance pour les spécialistes, les politiques, mais pas pour l'auditeur lambda, notamment pour l'auteur de ces lignes. Voici ce qu'on peut entendre en réponse à l'auditeur qui trouvait que les applications du grenelles étaient insuffisantes : "L'environnement c'est aussi les lois d'application. Une première loi qui a été votée à la quasi unanimité, et j'en suis pas peu fière. On a fait ça avec Jean Louis Borloo à l'automne, c'était pas facile, qui reprenait tous les objectifs du grenelle de l'environnement. Et une deuxième loi qui est maintenant écrite, et qui a été déposée en conseil des ministres, qui sera discutée au printemps et qui est la boîte à outil du grenelle de l'environnement. Et enfin, des dispositifs fiscaux. A l'automne, les dispositifs fiscaux qui ont été votés par le parlement dans la loi de finance, il y en a 23, là dedans il y en a 14 qui sont de la fiscalité verte."
Après ce laïus, on a enfin un exemple concret : pour 130m² sans rénovation, 1800 euros par an de charges pour le chauffage, mais seulement 250 euros après rénovation thermique. C'est clair, c'est net, tout le monde comprend. Par contre, le vote à la quasi unanimité, le fait que la deuxième loi soit "maintenant écrite et déposée au conseil des ministres", le fait que 14 dispositifs fiscaux sur les 23 votés par le parlement soient lié à l'écologie, peuvent, bien sur, constituer une information intéressante, mais, lorsqu'on a un temps de parole limité, lorsqu'on veut réellement faire prendre conscience à la population de l'importance de l'action gouvernementale en matière d'écologie, et surtout, lorsqu'on veut montrer à quel point ce qui a été voté est concret et efficace, il s'agit d'axer son discours sur les points concrets et efficaces. Il s'agit d'élaguer son discours afin que les points principaux apparaissent plus nettement et ne soient pas perdus au milieu de la masse des informations.
Pour le reste de l'interview, on se rend bien compte que le point de vue de NKM est en ligne avec ce que l'opinion peut penser, que ce soit concernant l'action politique axée essentiellement sur le court terme par exemple : "on ne regarde même pas après demain, on regarde demain. C'est d'ailleurs une des racines de la crise bancaire et financière...", ou bien en matière de protection de la planète, de limitation de la pollution, ou de questions de santé publique liées à l'environnement.
Seul bémol, le passage plus "politique" concernant l'investissement du Président de la République sur toutes les questions électorales, partisanes, etc. Dans ce cas, le choix des mots, le ton de la voix, l'attitude un peu "hautaine" visant à stigmatiser le point de vue du journaliste ("question byzantine" "attitude hypocrite", etc.), bref, contrairement à l'environnement où NKM a réfléchis sur tous les sujets, où son discours est donc rationalisé, on est ici plutôt dans le domaine de l'émotion, de la réaction à chaud. Le résultat est donc beaucoup moins convaincant, et l'image véhiculée est, finalement, la même que celle de beaucoup d'autres politique moins "bien en vue" par l'opinion. Et ceci est d'autant plus regrettable que certains arguments sont éloquents et totalement acceptables. Une ligne de coaching politique, donc, pour terminer cette analyse : maîtriser ses émotions. C'est la clé d'un contrôle efficace de son image..
Peut-on contester l'attitude des auditeurs, et reprocher à NKM de ne pas connaître son sujet, l'écologie ? Non, bien sur. Peut-on lui reprocher de ne pas avoir travaillé dans le sens d'une vraie réforme verte pour le pays ? Non plus. Un auditeur lui reproche cependant, après toutes les vagues et les espoirs qu'a provoqué l'annonce du grenelle de l'environnement, la faiblesse des mesures prises. Elle s'y oppose totalement. Première faute de la dame de l'écologie ! Soutenir son bilan, oui, fermer les yeux sur la réalité, non. Même lorsque le bilan est un bon bilan, il est toujours nécessaire, pour des raisons d'équilibre du raisonnement, de pointer du doigt les imperfections de ce que l'on a réalisé. Par ailleurs, cela permet de mettre en valeur les réussites.
Revenons sur l'essentiel : NKM connaît son sujet. Cela comporte des avantages indéniables, par exemple, impossible de la coincer sur une question écolo. Cela comporte aussi des inconvénients : elle alourdit son discours de détails qui peuvent avoir une importance pour les spécialistes, les politiques, mais pas pour l'auditeur lambda, notamment pour l'auteur de ces lignes. Voici ce qu'on peut entendre en réponse à l'auditeur qui trouvait que les applications du grenelles étaient insuffisantes : "L'environnement c'est aussi les lois d'application. Une première loi qui a été votée à la quasi unanimité, et j'en suis pas peu fière. On a fait ça avec Jean Louis Borloo à l'automne, c'était pas facile, qui reprenait tous les objectifs du grenelle de l'environnement. Et une deuxième loi qui est maintenant écrite, et qui a été déposée en conseil des ministres, qui sera discutée au printemps et qui est la boîte à outil du grenelle de l'environnement. Et enfin, des dispositifs fiscaux. A l'automne, les dispositifs fiscaux qui ont été votés par le parlement dans la loi de finance, il y en a 23, là dedans il y en a 14 qui sont de la fiscalité verte."
Après ce laïus, on a enfin un exemple concret : pour 130m² sans rénovation, 1800 euros par an de charges pour le chauffage, mais seulement 250 euros après rénovation thermique. C'est clair, c'est net, tout le monde comprend. Par contre, le vote à la quasi unanimité, le fait que la deuxième loi soit "maintenant écrite et déposée au conseil des ministres", le fait que 14 dispositifs fiscaux sur les 23 votés par le parlement soient lié à l'écologie, peuvent, bien sur, constituer une information intéressante, mais, lorsqu'on a un temps de parole limité, lorsqu'on veut réellement faire prendre conscience à la population de l'importance de l'action gouvernementale en matière d'écologie, et surtout, lorsqu'on veut montrer à quel point ce qui a été voté est concret et efficace, il s'agit d'axer son discours sur les points concrets et efficaces. Il s'agit d'élaguer son discours afin que les points principaux apparaissent plus nettement et ne soient pas perdus au milieu de la masse des informations.
Pour le reste de l'interview, on se rend bien compte que le point de vue de NKM est en ligne avec ce que l'opinion peut penser, que ce soit concernant l'action politique axée essentiellement sur le court terme par exemple : "on ne regarde même pas après demain, on regarde demain. C'est d'ailleurs une des racines de la crise bancaire et financière...", ou bien en matière de protection de la planète, de limitation de la pollution, ou de questions de santé publique liées à l'environnement.
Seul bémol, le passage plus "politique" concernant l'investissement du Président de la République sur toutes les questions électorales, partisanes, etc. Dans ce cas, le choix des mots, le ton de la voix, l'attitude un peu "hautaine" visant à stigmatiser le point de vue du journaliste ("question byzantine" "attitude hypocrite", etc.), bref, contrairement à l'environnement où NKM a réfléchis sur tous les sujets, où son discours est donc rationalisé, on est ici plutôt dans le domaine de l'émotion, de la réaction à chaud. Le résultat est donc beaucoup moins convaincant, et l'image véhiculée est, finalement, la même que celle de beaucoup d'autres politique moins "bien en vue" par l'opinion. Et ceci est d'autant plus regrettable que certains arguments sont éloquents et totalement acceptables. Une ligne de coaching politique, donc, pour terminer cette analyse : maîtriser ses émotions. C'est la clé d'un contrôle efficace de son image..