Interview de Roselyne Bachelot (RB), ministre de la Santé et des Sports, sur Canal +. Vous remarquerez la disparition de l'attribution "jeunesse", compétence qui sera transférée à un Haut Commissaire. Le Président désire ainsi montrer son intérêt pour les problèmes de la jeunesse. Sera-ce suffisant pour désamorcer la crise qui sévit dans l'éducation nationale ? On en doute. Mais nous verrons par la suite; certaines fois, quelques accords avec les syndicats , sur des sujets dont les élèves se foutent totalement, ainsi que les profs, mais que les syndicats affectionnent particulièrement, suffisent à sonner la fin de la grève et des manifs. Reste un goût amer dans la bouche des principaux intéressés. S'en suit une désaffection, toujours plus grande, du syndicalisme qui donne l'impression de rouler pour lui plus que pour la population, et tout ceci regonfle un peu les partis d'extrême gauche et d'extrême droite... Mais là n'est pas notre propos d'aujourd'hui.
Sur le sujet de la perte du portefeuille de la jeunesse, RB s'en sort avec une petite pirouette : "Cela nécessitait réellement un travail interministériel" et "j'en avais moi même parlé au président lors d'un conseil des ministres". Bref, RB était presque à l'initiative de ce changement... Ceci dit, son laïus était relativement convaincant, car il est relativement difficile de ne pas apparaître comme étant désavoué losrqu'on vous retire un portefeuille qu'on vous avait confié deux ans auparavant.
Ensuite, Roselyne Bachelot s'exprime sur le sujet sensible de la santé, et, plus précisément de l'hôpital. Nous n'allons pas disséquer l'ensemble des mesures qui sont annoncées. Un point seulement : la permanence des soins ! RB voudrait désengorger les urgences afin qu'elles retrouvent leur fonction première : "gérer les cas d'urgence" en orientant les cas "non vitaux" vers les médecins généralistes. Pour cela, il faut des permanences. Question de la journaliste : "Incitation ou contrainte?" Roselyne Bachelot tourne autour du pot pendant quelques minutes en mettant en avant le caractère intéressant de l'incitation. Face à Caroline Roux, un peu entêtée parfois, qui désire absolument savoir ce qui se passera si l'incitation n'est pas efficace, RB est obligée de lâcher le morceau : "le préfet garde son pouvoir de réquisition si la permanence des soins n'est pas assurée."
Jusqu'ici, du point de vue de la communication politique, rien de bien intéressant. La suite l'est un peu plus car elle met en avant un élément caractéristique de la mentalité française. Caroline Roux demande si cette réquisition est envisagée dans le texte. RB répond que oui. Là, on se dit tout de suite : "ouh là là, qu'est ce qu'ils sont encore en train de mettre en place au gouvernement, une contrainte supplémentaire, des réquisitions, bref, tout un tas de choses que les français n'aiment pas." Il serait bien long et incertain pour RB d'expliquer à ceux qui seront contraints que ceci n'est pas si incroyable que ça en a l'air. Une autre solution, beaucoup plus radicale, est utilisé, c'est le fameux : "Mais ça existe déjà". Et là, tout le monde se dit : "Ah bon, ben alors si ça existe déjà, tout va bien."
Comme nous le disions, nous touchons là à un point assez caractéristique de la mentalité française, qui, bien que demandant du changement à tout va, est étonnamment conservatrice et souvent inquiète quant aux conséquences que ces changements peuvent opérer sur le quotidien, sur l'aspect du pays, etc. En quelque sorte, la population est inquiète vis à vis de "l'inconnu" que la réforme peut engendrer. Le "ça existe déjà" ramène l'auditeur à la situation actuelle, qui, bien que potentiellement inconfortable est néanmoins connue, et donc éclipse l'aspect "inconnu", c'est à dire inquiétant. Il est étonnant de constater à quel point ce simple "mais ça existe déjà" suffit à calmer les esprits.
Une autre façon de réformer le pays, plus en douceur, serait peut être de se plonger dans les vieux textes de loi oubliés, de les dépoussiérer, de les remettre au goût du jour, en s'appuyant sur le "ça existe déjà" si rassurant pour les français...
Sur le sujet de la perte du portefeuille de la jeunesse, RB s'en sort avec une petite pirouette : "Cela nécessitait réellement un travail interministériel" et "j'en avais moi même parlé au président lors d'un conseil des ministres". Bref, RB était presque à l'initiative de ce changement... Ceci dit, son laïus était relativement convaincant, car il est relativement difficile de ne pas apparaître comme étant désavoué losrqu'on vous retire un portefeuille qu'on vous avait confié deux ans auparavant.
Ensuite, Roselyne Bachelot s'exprime sur le sujet sensible de la santé, et, plus précisément de l'hôpital. Nous n'allons pas disséquer l'ensemble des mesures qui sont annoncées. Un point seulement : la permanence des soins ! RB voudrait désengorger les urgences afin qu'elles retrouvent leur fonction première : "gérer les cas d'urgence" en orientant les cas "non vitaux" vers les médecins généralistes. Pour cela, il faut des permanences. Question de la journaliste : "Incitation ou contrainte?" Roselyne Bachelot tourne autour du pot pendant quelques minutes en mettant en avant le caractère intéressant de l'incitation. Face à Caroline Roux, un peu entêtée parfois, qui désire absolument savoir ce qui se passera si l'incitation n'est pas efficace, RB est obligée de lâcher le morceau : "le préfet garde son pouvoir de réquisition si la permanence des soins n'est pas assurée."
Jusqu'ici, du point de vue de la communication politique, rien de bien intéressant. La suite l'est un peu plus car elle met en avant un élément caractéristique de la mentalité française. Caroline Roux demande si cette réquisition est envisagée dans le texte. RB répond que oui. Là, on se dit tout de suite : "ouh là là, qu'est ce qu'ils sont encore en train de mettre en place au gouvernement, une contrainte supplémentaire, des réquisitions, bref, tout un tas de choses que les français n'aiment pas." Il serait bien long et incertain pour RB d'expliquer à ceux qui seront contraints que ceci n'est pas si incroyable que ça en a l'air. Une autre solution, beaucoup plus radicale, est utilisé, c'est le fameux : "Mais ça existe déjà". Et là, tout le monde se dit : "Ah bon, ben alors si ça existe déjà, tout va bien."
Comme nous le disions, nous touchons là à un point assez caractéristique de la mentalité française, qui, bien que demandant du changement à tout va, est étonnamment conservatrice et souvent inquiète quant aux conséquences que ces changements peuvent opérer sur le quotidien, sur l'aspect du pays, etc. En quelque sorte, la population est inquiète vis à vis de "l'inconnu" que la réforme peut engendrer. Le "ça existe déjà" ramène l'auditeur à la situation actuelle, qui, bien que potentiellement inconfortable est néanmoins connue, et donc éclipse l'aspect "inconnu", c'est à dire inquiétant. Il est étonnant de constater à quel point ce simple "mais ça existe déjà" suffit à calmer les esprits.
Une autre façon de réformer le pays, plus en douceur, serait peut être de se plonger dans les vieux textes de loi oubliés, de les dépoussiérer, de les remettre au goût du jour, en s'appuyant sur le "ça existe déjà" si rassurant pour les français...