mardi 17 février 2009

Yves Jego sur France Inter - 16-02-09

Yves Jego est interviewé sur France Inter, vous l'imaginez, du fait du léger désordre qui règne en ce moment dans les îles.

La communication du Ministre de l'Outre Mer est relativement cohérente. Même durant la partie "question du standard" ses réponses sont calmes, posées et construites.

Cependant, on remarque bien que les auditeurs ont du mal à comprendre pourquoi, si tout se déroule pour le mieux, ainsi que le ministre tente de l'affirmer tout au long de l'interview, les choses ne se calment pas outre mer.

Un phrase en particulier est caractéristique de cette difficulté à convaincre : "131 revendications ont trouvé une réponse sur les 132 mises en avant par les syndicats."

Les français ne peuvent juger de la véracité de cette phrase, ni de la réalité du nombre de revendications. Le bon sens leur dicte donc ce qu'il faut en penser. Imaginez une minute avoir 132 revendications, ce n'est quand même pas simplement deux ou trois. 132 ! Imaginez qu'on vous accorde ce que vous désirez sur 131. Vous iriez mettre le pays à l'envers pour la dernière ? C'est absurde. Sachant que les négociations ont fonctionné pour les 131 premières, ce qui n'est pas rien, vous vous diriez surement qu'il en sera de même pour la dernière... Si ce n'est pas le cas, c'est qu'en réalité il y a un hic dans les 131 premières. C'est ce que se disent bon nombre de français.

En bref, cette phrase défie le bon sens ! Personne ne peut raisonnablement y croire. Les auditeurs se disent donc : soit ce chiffre est bidon, soit les 131 revendications soit disant réglées ne le sont absolument pas... Ce qui remet en cause, par ailleurs, toute la com' politique du Ministre.

C'est fou comme de petits grains de sable peuvent enrayer de grosse machines parfois...

Une ligne de coaching politique pour terminer : L'air grave a des avantages. Lorsque la situation tourne mal, et que l'on n'est pas sur d'arriver à maîtriser les choses, il faut éviter de présenter les éléments de la crises comme s'ils étaient "simples", "mineurs", "presque réglés" (131/132). La situation est grave, il faut un ton grave, jusqu'à la fin, afin que les personnes concernées comprennent que le ministre a pris toute la mesure de leur mal être...