vendredi 27 mars 2009

Interview Chantal Jouanno LCI

Chantal Jouanno est l'invitée de Christophe Barbier sur LCI. "Douceur dans la voix" est peut être le maître mot. Beaucoup de femmes politiques ont, dans la voix, et parfois dans l'attitude, une forme de masculinité, c'est le cas de Nadine Morano, de Valérie Pécresse, de Christine Boutin, de Martine Aubry, d'Arlette Laguiller, etc. Non pas que cela leur enlève toute féminité, mais c'est comme si le fait de s'être frotté durant de longues années aux conditions difficiles de la vie politique, et surtout aux exigences de l'ascension politique, avait laissé sur elle un peu de la rudesse de cet environnement masculin. Ces femmes donnent l'impression d'être des femmes endurcies par les conditions dans lesquelles elles évoluent.

D'autres semblent avoir conservé une douceur, une simplicité, notamment dans le ton de la voix. C'est le cas de Chantal Jouanno. C'est un atout important. L'autre, qui y est lié, est qu'elle est jolie. Chacun pressent bien l'importance pour une femme (comme pour un homme) politique d'avoir un physique qui suscite un attrait. Pour ancrer cette remarque dans une démarche sociologique, voici une petite expérience qu'ont faite quelques personnes de la télévision (au Canada je crois d'ailleurs). Ils ont demandé à une jeune femme, pas trop jolie et pas forcément bien apprêtée, d'arrêter les passants dans la rue, pour leur poser des questions, sur un sujet que j'ai d'ailleurs complètement oublié. La tâche fut rude ! La même expérience a été répétée dans la même rue avec une jeune fille jolie et bien vêtue, et là, ça a été carton plein !

Est-ce à dire que toutes les femmes qui n'ont pas un physique facile doivent éviter la politiqe ? Non, cependant les qualités que l'on décrit généralement comme féminines, doivent être développées. Elles doivent absolument soigner leur look. En "googlant" des images de Chantal Jouanno, vous trouverez des photos d'elles il y a quelques années. La différence est frappante. La coupe de cheveux actuelle, qui dégage son cou et affine son visage a un impact très positif.

Soigner le look, ne pas esquiver le maquillage, travailler la douceur de la voix, la patience dans les réponses, etc. On s'approche du marketing politique n'est pas ?
Un peu, c'est vrai. Je ne reviendrai pas tous les jours sur ces questions, mais elles ont leur importance.

Qu'est-ce qui cloche donc dans la communication politique de Chantal Jouanno ? Différentes choses à vrai dire, même si rien de majeur ne peut être détecté dans ce genre d'interview. En effet, les conditions sur les normes environnementales sont assez peu connues des français. Le sujet est neuf, bien que d'importance. Difficile donc pour les auditeurs novices dont je suis de confronter les propos de la ministre aux connaissances déjà acquises sur le sujet. L'objectif de l'interview est donc PEDAGOGIQUE.

Dans ce registre, Chantal jouanno joue relativement bien son rôle. Elle détaille les mesures en tentant d'expliquer au mieux. Une remarque cependant : l'ordre dans lequel les idées sont exposées. Il semble qu'elle connaisse bien son sujet, elle n'a donc probablement pas besoin d'une grosse dose de coaching technique en préparation de l'interview. La conséquence fâcheuse est qu'elle ne se pose pas suffisamment de questions quant à l'impact de ses réponses sur des auditeurs néophytes. Face à certaines questions de Christophe Barbier, qui est pourtant le modèle type de l'interviewer sympathique, elle tarde à mettre en avant le coeur de la réponse qui convaincra les téléspectateurs. Par exemple, sur Heuliez, la question de Christophe Barbier est simple "Ce projet industriel réaliste, il existe ? il est dans les cartons ?" La réponse donnée commence par différencier les deux types de production d'Heuliez, "véhicule classique" et "véhicule électrique". On sent qu'elle se tente de se lancer dans une explication de fond sur la stratégie Heuliez. On est loin de la question : "le projet existe ou pas?". Christophe Barbier l'interrompt pour recentrer le propos.

Une ligne de coaching politique : Aller à l'essentiel est la clé. En effet, les auditeurs ne peuvent retenir un développement complexe, surtout sur des sujets peu connus. Il faut donc utiliser des mots simples, clairs, efficaces et les mettre en avant. Sans remettre en questions toute la communication de Chantal Jouanno, il semble cependant que, tout en restant dans une ligne pédagogique classique, si elle repensait la formulation et l'ordre des idées en tentant de synthétiser ses propos en premier lieu afin de marquer les esprits, quitte à développer ensuite son propos, le message passerait de manière plus efficace et durable...