jeudi 25 juin 2009

Le remaniement ministériel - F. Mitterrand au gouvernement

Un gouvernement Fillon IV... Quel impact en terme de communication ? Retenons, pour faire bref, la nomination qui fait le plus parler, celle de Frédéric Mitterrand au ministère de la Culture. Le Monde cite une remarque d'un des dirigeants de l'UMP : "Un F. Mitterrand au gouvernement, c'est quelque chose!"

Cette phrase caractérise malheureusement assez fidèlement la conception actuelle de la communication politique : superficialité, apparence, faste, dorure, paillettes. On veut un nom, un nom célèbre, un nom apparenté à la gauche la plus emblématique de ce dernier quart de siècle. Si demain un descendant de Blum ou de Jaurès, portant leur nom, pointait le bout de son nez, quand bien même fut-il entièrement incompétent, ce patronyme suffirait-il pour faire de lui un ministre ?

En bas, la France s'interroge. Dans le cas précis de cette nomination, la France est plutôt optimiste, car, au delà du nom prestigieux qu'elle associe désormais plus à Frédéric et ses réalisations cinématographiques, documentaires et littéraires, qu'à François, elle voit le potentiel de l'homme et les possibilités que ce potentiel offre pour oeuvrer concrètement au sein du ministère de la Culture, pour redonner à la culture française un peu de cet éclat qu'elle a perdu.

Une impression s'impose : à force de marcher sur la tête, n'a-t-on pas fini par appeler le haut, bas et le bas, haut ? Chez les grands de ce monde, tous ne sont pas coupables, tous n'ont pas perçu Frédéric Mitterrand uniquement comme un patronyme utile, mais ce désir est présent, il est sensible, il est même formulé clairement jusqu'à apparaître dans les pages du Monde. La communication politique devient marketing politique, vendant de la l'acte politique comme on vend des lecteurs DVD. A l'heure où les français s'interrogent de plus en plus sur la viabilité de cette société de consommation impersonnelle et sur la nécessité de remettre l'humain au premier plan, il est dommage que les politiques, une fois encore, aient un train de retard...