Chers amis,
Comme vous l'avez surement déjà remarqué, c'est la période des vacances ! Dernière analyse postée sur ce site, le 7 Juillet, c'est tout dire. A vrai dire, le mois d'Aout ne sera guère mieux, d'autant que les vacances parlementaires et ministérielles s'ajouteront à al tranquillité que connait la capitale en ce moment.
On pourrait néanmoins évoquer quelques évènements en matière de communication politique : le questionnement autour du petit malaise du président. Les cyniques voient dans les messages de sympathie adressés par l'opposition un moyen de se faire entendre, d'autre, dont je suis, espèrent qu'en certaines occasion, l'humain surpasse le politique et que ces messages sont sincères. En tout cas, tous se questionnent désormais sur l'opportunité de révélé la totalité des examens sanguins, IRM, etc. effectués, afin de tout connaître de la santé du Chef de l'Etat...
On pourrait également parler des troubles persistants qui secouent le PS et de la rivalité désormais installée : Valls-Aubry. Qu'en sortira-t-il ? Une scission ? Un changement de nom, un partage de courants ? Il faudrait plus de quelques lignes pour analyser cela, mais, pour faire bref, je dirais, comme je l'ai déjà dit, que deux courant coexistent au sein du PS, comme cela a toujours été depuis l'époque Guesde-Jaurès, et qu'il n'est pas possible de les réduire à un seul. En fonction des moments, des évènements, des leaders plus ou moins charismatiques, ces deux courants se séparent ou se rapprochent. Il est donc inéluctable que ces courants deviennent à certaines époques les otages des intérêts personnels.
Bref, on pourrait dire beaucoup de chose, mais on ne dira finalement rien, car, comme nous le disions en introduction, c'est la période des VACANCES ! Quitter Paris pour rejoindre des endroits plus ensoleillés, plus verts, plus bleus aussi est une tentation à laquelle il est difficile de résister. Par ailleurs, la France regorge de festivals en tous genres, de petites criques délicieuses et secrètes, de chemin de randonnées magnifiques, de villages historiques et de plages infinies où les fesses huilées bronzent par centaines, bref, il y en a pour tous les gouts, il serait donc dommage de rester cloitré devant son écran à écouter des interviews politiques. De plus, nous menons une réflexion ayant pour objectif de proposer à nos fidèles lecteurs, dans les premières semaines de la rentrée, un nouveau format pour ce site, espérant le rendre plus accessible et convivial.
D'ici là, bonnes vacances à tous!
mardi 28 juillet 2009
jeudi 2 juillet 2009
Dominique de Villepin sur France 2
Le plateau des 4 vérités accueillait ce lundi Dominique de Villepin (DDV), ancien premier ministre. Longtemps cantonné à un rôle d'opposant ou "d'aiguillon", comme il se définit lui même, il semble désormais dans les starting blocks pour les prochaines élections régionales, autant dire pour créer, à droite, un courant alternatif à celui de Nicolas Sarkozy.
Avant d'entrer dans l'analyse proprement dite de la communication politique de Dominique de Villepin, un mot sur l'apparence. Dès le début de l'interview, sa position est asymétrique, appuyée sur le coude droit, et son visage fermé. Ce visage restera fermé tout au long de l'interview, probablement symbole de détermination. La télévision est cruelle, car elle n'offre qu'une petite lorgnette pour connaître les personnalités qui s'y présentent, il s'agit donc pour chacun d'être bien vigilant quant à l'image qu'il désire véhiculer. Ici, on est face à un homme d'apparence sévère, combative, avec un ton de voix constamment grave. C'est trop ! En effet, l'homme politique doit séduire s'il veut être écouté. Nous avons déjà montré à quel point certaines qualités étaient utiles pour susciter l'adhésion de la population. Une image ouverte, sympathique (ce qui n'empêche pas l'indignation et la colère face à des évènements bien précis), avec de l'esprit, une pointe d'humour doivent absolument côtoyer l'attitude sérieuse et responsable que tout homme politique se doit également d'arborer.
"Vous avez annoncé que vous serez candidat aux élections régionales" déclare Roland Sicard. "Nous verrons, mon cas personnel importe peu dans tout cela" répond DDV. Erreur ! C'est bien de cela qu'il s'agit au contraire, d'un engagement personnel au service des français. Cette décision de se présenter à une élection apparaît comme une réponse à la critique désormais populaire : DDV n'a jamais été élu, il n'a donc pas réellement de légitimité politique. Ce déni de légitimité s'accompagne pour une grande partie des français d'un "refus" d'écoute. "Pourquoi l'écouter puisqu'il ne sera jamais candidat à rien ? Etre élu par les français accorde effectivement à la personnalité politique un privilège : celui d'être écouté par la population. En effet, quel intérêt d'écouter une personne qui n'a pas envie de gouverner ? Quel interêt pour un français d'écouter une personne qui n'a pas envie de le représenter ? La communication de Dominique de Villepin prendra donc de l'ampleur dès lors qu'il affichera clairement son envie de travailler au service des français, de les représenter. Ce désir est le contrat moral qui crée cette relation particulière entre l'opinion et l'élite politique et autorise l'échange conduisant à l'adhésion populaire et à l'élection.
La partie concernant les déficits, et notamment la justification des prises de position, est bien amenée. Attention néanmoins à la phrase classique : "Ils sont en train de faire ce que je préconise depuis deux ans". Le "je l'ai toujours dit" ne fonctionne plus aujourd'hui car les français n'accordent plus à qui que ce soit le privilège de connaître d'emblée les réponses aux problèmes de société. Une minute plus tôt dans l'interview, concernant la suppression du bouclier fiscal, DDV avait associé à son positionnement Alain Juppé et Edouard Balladur (connu pour être un proche de Nicolas Sarkozy) ce qui, évidemment, donne du poids à l'argument et évite de conférer à l'auteur de la phrase une involontaire impression de fatuité.
Pour terminer, la dé-corrélation entre l'activité politique et le procès est convaincante. Il est bien de préciser au téléspectateur que le désir de peser sur la vie politique ne peut être entamé par cette affaire. Cela apporte une image sereine au personnage et lève un peu de la suspicion qui pèse, malheureusement, inévitablement sur toute personne qui se retrouve devant la justice.
Il faudrait encore du temps pour parler du tempo, du niveau de la voix, de la sémantique, de l'image, bref, de tout ce qui concerne la com' politique, mais nous manquons encore une fois de temps, ce sera donc pour une prochaine analyse...
Avant d'entrer dans l'analyse proprement dite de la communication politique de Dominique de Villepin, un mot sur l'apparence. Dès le début de l'interview, sa position est asymétrique, appuyée sur le coude droit, et son visage fermé. Ce visage restera fermé tout au long de l'interview, probablement symbole de détermination. La télévision est cruelle, car elle n'offre qu'une petite lorgnette pour connaître les personnalités qui s'y présentent, il s'agit donc pour chacun d'être bien vigilant quant à l'image qu'il désire véhiculer. Ici, on est face à un homme d'apparence sévère, combative, avec un ton de voix constamment grave. C'est trop ! En effet, l'homme politique doit séduire s'il veut être écouté. Nous avons déjà montré à quel point certaines qualités étaient utiles pour susciter l'adhésion de la population. Une image ouverte, sympathique (ce qui n'empêche pas l'indignation et la colère face à des évènements bien précis), avec de l'esprit, une pointe d'humour doivent absolument côtoyer l'attitude sérieuse et responsable que tout homme politique se doit également d'arborer.
"Vous avez annoncé que vous serez candidat aux élections régionales" déclare Roland Sicard. "Nous verrons, mon cas personnel importe peu dans tout cela" répond DDV. Erreur ! C'est bien de cela qu'il s'agit au contraire, d'un engagement personnel au service des français. Cette décision de se présenter à une élection apparaît comme une réponse à la critique désormais populaire : DDV n'a jamais été élu, il n'a donc pas réellement de légitimité politique. Ce déni de légitimité s'accompagne pour une grande partie des français d'un "refus" d'écoute. "Pourquoi l'écouter puisqu'il ne sera jamais candidat à rien ? Etre élu par les français accorde effectivement à la personnalité politique un privilège : celui d'être écouté par la population. En effet, quel intérêt d'écouter une personne qui n'a pas envie de gouverner ? Quel interêt pour un français d'écouter une personne qui n'a pas envie de le représenter ? La communication de Dominique de Villepin prendra donc de l'ampleur dès lors qu'il affichera clairement son envie de travailler au service des français, de les représenter. Ce désir est le contrat moral qui crée cette relation particulière entre l'opinion et l'élite politique et autorise l'échange conduisant à l'adhésion populaire et à l'élection.
La partie concernant les déficits, et notamment la justification des prises de position, est bien amenée. Attention néanmoins à la phrase classique : "Ils sont en train de faire ce que je préconise depuis deux ans". Le "je l'ai toujours dit" ne fonctionne plus aujourd'hui car les français n'accordent plus à qui que ce soit le privilège de connaître d'emblée les réponses aux problèmes de société. Une minute plus tôt dans l'interview, concernant la suppression du bouclier fiscal, DDV avait associé à son positionnement Alain Juppé et Edouard Balladur (connu pour être un proche de Nicolas Sarkozy) ce qui, évidemment, donne du poids à l'argument et évite de conférer à l'auteur de la phrase une involontaire impression de fatuité.
Pour terminer, la dé-corrélation entre l'activité politique et le procès est convaincante. Il est bien de préciser au téléspectateur que le désir de peser sur la vie politique ne peut être entamé par cette affaire. Cela apporte une image sereine au personnage et lève un peu de la suspicion qui pèse, malheureusement, inévitablement sur toute personne qui se retrouve devant la justice.
Il faudrait encore du temps pour parler du tempo, du niveau de la voix, de la sémantique, de l'image, bref, de tout ce qui concerne la com' politique, mais nous manquons encore une fois de temps, ce sera donc pour une prochaine analyse...
Inscription à :
Messages (Atom)